Bonjour à tous,
J’ai été interpellée par une kiné à propos d’un patient de 10 ans, atteint de trisomie. Elle me rapporte qu’il a des troubles de la posture linguale, des tensions des muscles masticateurs. Elle s’inquiète pour 2 points :
- Ce petit ne mange que des purées et elle voudrait l’aider à accepter des morceaux dans son alimentation.
- Il boit encore un bib tous les matins. Elle se demande si c’est bien.
Ces questions relèvent plutôt des troubles de l’oralité mais même si vous n’êtes pas formé dans ce domaine, voici plusieurs informations que je trouvais intéressantes à partager avec vous.
Tout d’abord, trisomie rime en général avec pulsion linguale et tensions des muscles masticateurs, notamment en compensation de cette ouverture buccale permanente.
La mise en place de l’oralisation de ces jeunes est également souvent difficile.
Nous pouvons évidemment aider ces enfants et jeunes adultes. Comment ?
Déjà en leur apprenant et en les aidant à mieux ventiler par le nez. Ensuite en leur apprenant (en fonctions de leurs capacités évidemment) à fermer la bouche, notamment en musclant les muscles orbiculaires.
Si nous leur proposons des exercices ludiques de rééducation linguale et de la sphère orofaciale, cela va forcément avoir aussi un impact positif sur leur trouble de l’oralité.
Concernant le biberon du matin à 10 ans, tout dépend des déficits de cet enfant. La priorité est qu’il ait un apport nutritionnel suffisant. Par contre, il nous est tout à fait possible de proposer un contenant qui soit plus adapté et qui fasse travailler les lèvres de cet enfant, plutôt qu’on biberon.
Concernant ces contenants, il ne faut pas se tromper car il en existe beaucoup et de qualité vraiment différente.
Je vous ai mis en photo un exemple de ce que l’on peut préconiser. Ne conseillez aux parents que des produits que vous connaissez et que vous savez utiles, car certains vont avoir l’effet inverse de celui escompté.
Munchkin®, par exemple, propose la tasse 360° qui est particulièrement intéressante. Pour pouvoir boire, il faut appuyer avec les lèvres sur la membrane sur le dessus de la tasse (ce qui muscle l’orbiculaire), ce qui provoque un petit écartement de la membrane et laisse passer l’eau. Il est possible de travailler l’orbiculaire supérieur en buvant de façon classique et si nous mettons la passe à l’envers, nous pouvons aussi travailler l’orbiculaire inférieur. En fonction des capacités de préhension des patients, certaines de ces tasses ont des hanses et d’autres non. Je crois que c’est quelque chose que j’aurais tenté avec ce petit patient atteint de trisomie. Le lait oui, mais plutôt dans une tasse.
Et si ça ne marchait pas, auriez-vous autre chose à lui proposer ?
